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LIONEL, le il y a 1 mois.
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juin 10, 2026 à 7:05 pm #976::
Pourquoi migrer de WinDev vers Xojo : retour d’expérience d’un développeur
Un contexte qui impose le changement
Disons-le d’emblée : WinDev est un outil de développement extraordinaire. C’est un quasi-consensus dans la communauté francophone du développement, et il serait malhonnête de prétendre le contraire. WinDev surpasse techniquement Xojo sur de nombreux aspects, et je n’ai aucune intention de le nier.
Le vrai problème n’est donc pas là. Le problème, c’est que la politique commerciale de PCSoft est devenue tout simplement invivable pour une immense partie de ses utilisateurs. Tarifs prohibitifs, modèle SaaS, runtime payant à la session et à l’année chez l’utilisateur final, connecteurs aux bases de données vendus séparément à prix fort… La facture totale a explosé.
Le résultat est sans appel : beaucoup de développeurs — particuliers, auto-entrepreneurs, petites structures, voire entreprises de taille moyenne — n’ont plus d’autre choix que d’abandonner la suite WinDev. La question n’est plus « Xojo est-il meilleur que WinDev ? », mais « par quoi remplacer WinDev maintenant qu’il n’est plus tenable ? ». C’est dans ce cadre — Xojo face à C#/.NET, Java, Electron, Delphi, Lazarus, et autres — que la comparaison devient pertinente. Et dans cette compétition, Xojo est un candidat très sérieux qui mérite d’être évalué.
Mon parcours et ma rencontre avec Xojo
J’ai derrière moi une carrière de développeur professionnel qui m’a fait passer par COBOL, Visual Basic 6, Visual C# avec WinForm, WinDev et WebDev, ainsi que PHP/MySQL. J’ai donc vu un certain nombre d’environnements de développement, des plus anciens aux plus modernes.
J’ai découvert Xojo un peu par hasard, à l’époque où il s’appelait encore REALbasic. Je m’y intéresse depuis la version 2009. Je n’ai pas développé d’applications professionnelles avec — uniquement des applications personnelles — mais ce recul de plus de quinze ans me donne une perspective utile sur l’évolution de l’outil et sur ses qualités durables.
Un environnement RAD accessible et instinctif
Ce qui m’a attiré au départ vers Xojo, c’est très simple : un environnement de développement de type RAD, peu coûteux, et simple à apprendre. Le langage de Xojo ressemble fortement, selon moi, à un croisement entre Visual Basic .NET et C#. Pour quiconque a touché à ces langages, la transition est quasi-immédiate.
Xojo n’est pas une usine à gaz. Il faut bien sûr s’investir un peu pour le maîtriser — c’est un peu plus difficile à apprendre que WinDev, je le reconnais — mais l’apprentissage reste raisonnable. On a affaire à un environnement de développement moderne, pas désuet du tout : cela se ressent dès qu’on l’ouvre.
L’IDE est carré, rationnel, logique. L’équipe de Xojo a vraiment soigné l’interface utilisateur. La complétion de code est particulièrement bien organisée : les événements, propriétés et méthodes sont séparés clairement, ce qui rend la navigation et la découverte de l’API beaucoup plus naturelles.
Un seul outil, plusieurs plateformes
C’est ici que Xojo prend un avantage net sur la suite PCSoft. Chez PCSoft, il faut acheter trois produits distincts : WinDev pour le desktop, WebDev pour le web, WinDev Mobile pour le mobile. Trois licences, trois environnements, et malgré les similitudes affichées, ce ne sont pas exactement les mêmes outils.
Avec Xojo, c’est un seul langage, un seul IDE, une seule licence pour cibler le desktop, le web et le mobile. Et surtout — point fondamental — les applications desktop peuvent être compilées nativement pour Windows, Mac et Linux. PCSoft ne joue tout simplement pas dans la même cour sur ce terrain : Mac est absent, Linux est très partiellement couvert.
Pour un développeur qui veut toucher un large public sans tout réapprendre ni multiplier les licences, c’est un argument décisif.
Des bases de données sans enfermement et sans surcoût
L’absence d’une base de données intégrée à la manière d’HFSQL ne me dérange absolument pas. Au contraire. Xojo gère nativement et de façon totalement transparente MySQL, PostgreSQL, SQLite, SQL Server et Oracle — autrement dit, les standards de l’industrie, reconnus mondialement, sans enfermement propriétaire.
Et surtout : tous ces connecteurs sont inclus dans la licence Xojo. Pas de surcoût. Chez PCSoft, chaque connecteur natif à une base tierce est vendu séparément, souvent à plusieurs centaines d’euros. La différence financière, sur la durée, est massive.
Quant à l’absence d’éditeur de base de données intégré à l’IDE, ce n’est pas un manque : il existe d’excellents outils gratuits dédiés à cette tâche — HeidiSQL, DBeaver, TablePlus et bien d’autres — qui font ce travail mieux qu’un outil généraliste intégré.
Une communauté transparente et impliquée
Autre différence philosophique fondamentale avec PCSoft : la transparence. Chez PCSoft, les bugs sont gérés en interne, plus ou moins tenus secrets. On ne sait pas toujours ce qui est en cours de correction, et les demandes des utilisateurs disparaissent souvent dans un trou noir.
Chez Xojo, le système de rapport de bugs (Issues) est public. Tout le monde peut consulter les anomalies signalées, voter pour des demandes de fonctionnalités, suivre les corrections en cours. Chacun peut contribuer, qu’il s’agisse d’un bug ou d’une suggestion. Le forum officiel est très actif, animé par une communauté significative où l’on croise même des employés de Xojo qui répondent aux questions techniques.
Cette transparence à l’anglo-saxonne change tout : on se sent acteur de l’évolution du produit, pas simple consommateur passif.
Savoir choisir le bon outil pour le bon projet
Je ne pense pas que Xojo soit taillé pour les très gros projets — cela dépend bien sûr de ce qu’on appelle « gros ». Pour les architectures complexes, les équipes nombreuses, les besoins enterprise très spécifiques, il existe d’autres environnements mieux armés.
Mais soyons honnêtes : la majorité des projets ne sont pas dans cette catégorie. Pour les petits et moyens projets, les sharewares, les freewares, les logiciels développés pour des associations, des petites et moyennes entreprises, les outils créés par des auto-entrepreneurs ou des développeurs indépendants, Xojo est un outil ultra-concurrentiel — tant techniquement que tarifairement.
Savoir choisir le bon outil pour le bon projet est une marque de maturité professionnelle. On ne reproche pas à un menuisier d’utiliser un marteau plutôt qu’une presse hydraulique pour planter un clou. Xojo, c’est l’outil bien adapté à une catégorie de projets très large et très répandue.
Conclusion
Xojo n’est pas WinDev, et ne prétend pas l’être. Mais maintenant que WinDev devient inaccessible pour une grande partie de ses utilisateurs historiques, la vraie question est : vers quoi se tourner ?
Xojo offre un environnement moderne, accessible, multi-plateforme natif, avec un modèle économique sain, une communauté transparente et un langage immédiatement familier pour quiconque vient du monde Visual Basic, C# ou WinDev. Pour le segment des projets de taille petite à moyenne — qui représente l’essentiel du marché du développement applicatif — c’est aujourd’hui l’un des meilleurs candidats à évaluer sérieusement.
Et c’est précisément ce que je vous invite à faire : ne pas le rejeter d’emblée parce qu’il n’a pas la puissance de WinDev, mais l’évaluer pour ce qu’il est — un outil pragmatique, durable, et terriblement bien placé dans son segment.
juin 25, 2026 à 3:18 pm #1039 -
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